Né en Haïti, Harry Delva est arrivé ici à l’âge de 7 ans. Il a grandi dans le quartier de Saint-Léonard. Sa mère, enseignante en Haïti, s’est recyclée comme infirmière. Son père, était médecin.

Pour faire plaisir à sa mère, le jeune Harry a fait des études de comptabilité, même s’il n’aimait pas les chiffres. «J’étais très malheureux!» lance-t-il en riant. Dans la vingtaine, il est retourné en Haïti pour quelques années. Il y a travaillé en comptabilité, notamment pour son oncle qui avait une boulangerie. «Je voulais voir c’était quoi Haïti. Finalement, je m’ennuyais tellement du Québec que je suis revenu.»

De retour d’Haïti, Harry Delva a fait des études en criminologie. Et il a commencé à s’intéresser de près aux problèmes de délinquance à Saint-Michel . «Il y avait beaucoup de jeunes qui commençaient à créer du trouble.

Parallèlement à son travail en prévention, Harry Delva a toujours aimé faire de la radio et de la télé comme passe-temps. «Quand j’avais trop de problèmes dans le secteur Saint-Michel, j’arrivais à relaxer en faisant de la télévision.» Durant 10 ans, il a animé l’émission culturelle Noir de monde, sur la chaîne CJNT. Une émission qui a fait de lui une vedette de la communauté haïtienne. On le salue dans la rue, on le félicite. «L’idée, à la base, c’était d’avoir une vitrine où on pouvait parler des choses positives qui se faisaient dans la communauté.»

Le chemin de sa vie n’a jamais été facile

La vie lui a enlevé deux êtres chers (son père et sa femme) dans un court laps de temps. MAIS la vie ne peut pas lui enlever cette capacité qu’il a à aller de l’avant. Harry conserve un bon moral, malgré l’épreuve qu’il doit traverser. «Le moral va bien. J’y vais au jour le jour. Je crois que je suis un bon combattant de base.

Harry Delva, le Bon PaPa et l’intervenant de ces jeunes!

Ça fait plus de 30 ans,  Harry Delva travaille dans l’Arrondissement de Villeray—Saint−Michel—Parc−Extension où il a tout vu sur son parcours. Il a vu certains jeunes mourir, d’autres être emprisonnés, mais il en a aussi aidé plusieurs à s’en sortir.

L’un de ses champs d’activités est de prévenir la délinquance. Il fait partie de ceux qui tentent de faire échec aux dérapages des jeunes liés, tant à la crise d’adolescence, qu’aux nombreuses influences négatives sur lesquelles; ces derniers prennent des mauvais exemples. C’est dans la vingtaine, raconte-t-il, que l’aspect financier entre en ligne de compte, avec la vente de drogue et la prostitution.

Les intervenants du quartier tentent de distraire ces jeunes, de leur offrir des activités, comme des matchs de soccer, Basket-ball  pour les détourner du milieu criminel.
Cependant, Harry Delva sait qu’il ne pourra pas tous les sauver. « Certains d’entre eux ont tout cet entourage et ils aiment ce qu’ils font!

M. Delva s’exprimait sur la relation entre les jeunes issus des minorités et la SPVM lors de la mort de Fredy Villanueva aux mains de la police de Montréal. 

C’est la preuve que les relations entre les policiers et les jeunes issus des minorités font du surplace. 

«C’est la preuve que rien n’a changé. On a essayé pendant 18 ans, et ça n’a pas marché», déplore-t-il.

En 2009, Harry Delva faisait partie du comité expert sur le profilage racial et illicite du Service de police de Montréal (SPVM). Il s’en est retiré avec une amère déception. «Les discussions que nous avons dans ces rencontres et ce qui se passe dans la rue avec les patrouilleurs, ce n’est pas la même chose, dit-il. L’affaire Villanueva, ça pourrait arriver à n’importe quel jeune.»

M. Delva avait montré du doigt le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et la direction du SPVM. Tant qu’ils ne reconnaîtront pas publiquement le problème du profilage racial, rien ne va changer.

source: Ledevoir

En 2019, Selon un rapport mené par des chercheurs indépendants, Les Noirs, les Autochtones et les jeunes Arabes sont particulièrement victimes de « biais systémiques liés à l’appartenance raciale » par les agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM)

Le chef du SPVM reconnaît être « très préoccupé » par cette situation. «  Il est possible que les chiffres dévoilés aujourd’hui choquent et je le comprends très bien» . Et si on revenait en 2009 et on écoutait M Delva, qui essayait de faciliter cette relation entre les jeunes et les policiers.

Des Témoignages

Je suis privilégiée de passer une journée avec un ami,  qui a dédié et qui continue à dédier toutes ses énergies au service des jeunes : Harry Delva. Harry, ça fait plus de 30 ans qu’il patrouille dans les rues et les écoles de Saint-Michel avec comme seul et unique motivation: les jeunes, leur bien-être, leur sécurité et leur réussite. Pour Harry, aucun titre professionnel n’existe pour définir son travail et sa mission. Sa modestie, sa discrétion et son amour inconditionnel pour les jeunes se reflète à travers le regards que ces derniers lui lancent à chaque fois qu’ils le croisent. Je marche à ces côtés au milieu d’une foule d’étudiants et je suis sans mots lorsque je constate le respect et l’affection que ces jeunes lui renvoient.

Faustin, Philostin : Un grand merci à ses deux grands mentors qui ont su me guider tout au long de ma carrière! Grâce à vous les jeunes du quartier peuvent grandir en sécurité .

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